Rendre le bateau meilleur qu’on l’a trouvé
Démonter un J/80
Le démontage n’est pas la fin de la navigation : c’est la préparation de la prochaine. Un bateau rendu propre, rincé et rangé se grée en trente-cinq minutes. Un bateau bâclé s’en prend le double.
- Chef de bord5 min
Préparer l’accostage avant d’arriver
- Affaler le spi bien avant l’entrée du port, puis le foc.
- Sortir et frapper les amarres et les pare-battages des deux bords.
- Décider du côté d’accostage, en fonction du vent et non de l’habitude.
- Annoncer qui saute, où, et avec quelle amarre.
Pourquoi
Tout ce qui n’est pas prêt avant l’entrée du port ne le sera pas dedans : il n’y a plus ni place ni temps.
L’erreur classique
Garder la grand-voile haute jusqu’au dernier moment. Elle pousse encore, et on ne s’arrête plus.
- Deux équipiers10 min
Affaler et ranger les voiles
- Affaler la grand-voile bout au vent, la rattraper à la main pendant la descente.
- La plier en accordéon sur la bôme, lattes à plat, sans jamais la rouler en boule.
- Sortir le foc de son étai du haut vers le bas, le plier sur le pont, puis en sac.
- Le spi se replie par les trois points, en boudin, et rentre dans son sac par le milieu.
Pourquoi
Une voile pliée toujours au même endroit casse sur ses plis. L’accordéon change de ligne à chaque fois : c’est la seule raison pour laquelle on plie comme ça.
L’erreur classique
Laisser les lattes vrillées dans le pli. Elles marquent la voile en une saison et déforment le profil.
- Équipier avant5 min
Frapper le courant et détendre les organes
- Frapper les drisses au pied de mât et les souquer : une drisse qui bat réveille tout le port.
- Choquer complètement l’écoute, le hale-bas et le pataras — rien ne reste en tension au repos.
- Rentrer le bout-dehors et le verrouiller.
- Lover les écoutes et les ranger en couronne, pas en tas.
Pourquoi
Un textile laissé en tension travaille et fatigue pour rien. Tout ce qui peut être relâché doit l’être.
L’erreur classique
Laisser la drisse de spi libre. Elle s’envole, passe derrière une barre de flèche, et il faut monter au mât.
- Tout l’équipage7 min
Rincer, assécher, vérifier
- Rincer le pont, les winchs, les rails et les taquets à l’eau douce.
- Éponger les fonds et laisser le capot entrouvert si le bateau reste couvert.
- Signaler par écrit tout ce qui a cassé, fatigué ou joué pendant la sortie.
- Vérifier que rien ne manque : goupilles, manivelle de winch, matériel de sécurité.
Pourquoi
Le sel est ce qui use le bateau, pas la navigation. Un winch rincé dure des années ; un winch salé grippe en une saison.
L’erreur classique
Ne rien signaler « parce que ça a tenu ». L’équipage suivant part avec un organe fatigué qu’il ne peut pas deviner.
- Chef de bord5 min
Amarrer pour la nuit et fermer
- Deux amarres avant, deux arrière, deux gardes croisées, pare-battages à hauteur.
- Régler les longueurs en tenant compte du marnage prévu.
- Verrouiller le capot, couper le coupe-circuit.
- Faire le tour final du bateau, à quai, en le regardant.
Pourquoi
Les gardes croisées sont ce qui empêche le bateau de se déplacer le long du ponton. Sans elles, quatre amarres ne servent à rien dans le clapot.
L’erreur classique
Amarrer court à marée haute. Six heures plus tard, le bateau est suspendu à ses amarres ou couché contre le ponton.